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Comment choisir son associé ?

Benoît Galy, choisir son associé Une association étant un acte profondément engageant, elle doit être le fruit d’une réflexion et d’un échange constructif entre les deux parties, pour s’assurer que leur vision du projet est bel et bien la même. Le bon moment pour matérialiser votre association dans un pacte d'actionnaires est donc le moment où, après vous êtes posé toutes ces questions, l’association apparaît comme une évidence. Chef d'entreprise et auteur du livre "Bien s'associer pour mieux entreprendre" , Benoît Galy nous livre dans cette interview ses conseils pour bien choisir son associé. 


S’associer, quand et avec qui ?

A propos du timing de l'association entre deux entrepreneurs, j’ai deux recommandations : 
 
  • Attention à ne pas s’associer trop vite : trop d’entrepreneurs se rendent compte, au bout de deux, trois semaines ou un mois qu’ils ne sont pas faits pour travailler ensemble. Une fois engagés, il est difficile de faire machine arrière. Pour éviter ce genre d’écueils hautement préjudiciable à l’avenir de votre entreprise, je préconise de réaliser un test simple : avant de vous engager avec votre associé, faites l’expérimentation du travail ensemble : installez-vous côte à côte, et mettez vous à travailler sur votre projet. Parfois, on croît connaître les personnes et c’est en y étant confronté au quotidien que l’on découvre de nouvelles facettes de leur personnalité. Et mieux vaut s’en apercevoir avant de s'enfermer dans un cadre juridique.
  • Attention à ne pas trop attendre avant de s’associer : il ne faut pas non plus que la formalisation de l’association prenne trop de temps.  Vous pourriez passer des mois à travailler ensemble, voire des années, et réaliser après vous être investi corps et âme dans le projet que votre associé ne compte pas vous céder plus de 10% de l’entreprise là ou vous espériez 49%… 

La synergie des compétences, élément déterminant du choix de l’associé

La synergie des compétences est un point que je souhaiterais préciser, car elle doit avoir une place prépondérante dans le choix de l’associé. D’après une enquête que nous avons réalisée, 83% des chefs d'entreprises estiment que la synergie de compétences doit-être le premier critère de choix de l’associé. Ce que je ne peux qu'approuver. Toutefois, lorsqu’on s’intéresse à leur cas personnels, on s’aperçoit qu’eux même ont bien souvent négligé cet aspect dans leur propre démarche d’association.  En effet, 45% d’entre eux déclarent avoir connu leur associé dans le cercle "famille et amis", et pour ceux qui s'associent avec une relation professionnelle, un regard plus détaillé permet de voir qu'il s'agit souvent avant tout d'un bon copain au boulot. Cela n’est pas forcément incompatible avec la complémentarité des profils mais révèle néanmoins que le critère de complémentarité n’est pas le seul : attention à ne pas sous-estimer la dimension humaine car elle joue un grand rôle dans nos décisions. Plus que l'on veut bien se l'avouer. Alors autant lui attacher l'attention qu'elle mérite. 

L’idéal est de s’associer avec des gens avec qui on a l’habitude de travailler, pour éviter les mauvaises surprises. Ou alors de rechercher un profil très clairement identifié : je suis informaticien, je souhaite lancer mon entreprise mais je n’ai aucune compétence commerciale. Je recherche donc, dans mon entourage, une personne dotée de ces compétences et qui si possible a déjà fait ses preuves. Le « bon associé », c’est quelqu’un qui va répondre aux besoins du projet, avec qui je vais pouvoir travailler au quotidien, et non le premier venu disponible.

Idéalement, il est préférable d’avoir des profils et des compétences différentes. Toutefois, il arrive que des profils similaires s’associent et réussissent, à condition que chacun se spécialise dans des tâches bien définies. Le risque est que deux associés fassent le même travail, qui pourrait nuire à l’organisation. Plus les associés seront spécialisés, chacun intervenant dans un domaine précis, plus la relation entre eux sera simplifiée : chacun est en quelque sorte maître dans sa paroisse.


La nature de l’association détermine le profil de l’associé

Je pense utile de distinguer deux types d’associations : l’association de projet et l’association de moyens.
Dans le cadre d’une association de projet, les associés travaillent sur un projet commun, dans lequel ils apportent chacun une contribution et des compétences pour « ne faire qu’un ». L’association de moyens consiste à mettre en commun des moyens permettant des économies de coûts et des synergies entre des personnes exerçant le même métier. C’est surtout le cas  dans les professions libérales. Par exemple, 4 experts comptables s’associent et partagent les mêmes locaux. Les problématiques  d’association existent mais sont vécues de manière différente, et plus simplement. En cas de séparation, il est plus facile pour des experts comptables de déménager en conservant leurs clients respectifs, que pour des industriels de couper l’usine en deux… 

L’exemple qui suit illustre néanmoins le cas d’une séparation d’industriels qui a plutôt bien tourné : depuis 1924, les frères Dassler sont associés dans une fabrique de chaussures, la société Gebruder Dassler Schuhfabrik. L’entreprise rencontre un réel succès, fournissant notamment les équipements de nombreux athlètes pour les jeux olympiques. En 1948, des divergences d’opinions et des discordes entre les deux frères conduisent à leur séparation. L’un rebaptise la société initiale en Adidas, le second fonde Puma.


Conclusion

A mon sens, avant toute chose, il faut s’assurer que l’on sait que qu’est une association et ce qu’elle implique. L’association est une démarche extrêmement engageante, et les mésententes arrivent plus souvent et plus rapidement qu’on ne l’imagine.  Ensuite, il faut qu’il y ait une évidence. On ne va pas « à la pêche à l’associé », sauf dans des cas bien particuliers. Il faut construire et entretenir une entente  profonde sur un projet commun, une complémentarité de compétences et d’une envie de travailler ensemble…

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